Oliver Jones
Le pianiste Oliver Jones figure parmi les meilleurs musiciens du Canada. Sa carrière se confond d’ailleurs avec celle des débuts du jazz à Montréal, cette ville prospère qui a aussi donné le jour, à son âge d’or, à Oscar Peterson, un ami de longue date et une perpétuelle source d’inspiration pour Oliver.


Oliver est né et a grandi dans le quartier populaire de Saint-Henri, à quelques pâtés de maison de Peterson. C’est en le voyant écouter les répétitions d’Oscar, assis sous le porche de leur maison, que la sœur d’Oscar, Daisy Peterson Sweeney, est devenue le professeur de piano d’Oliver. Pendant douze ans, ces leçons ont donné de très bonnes assises au talent du jeune Jones, qui était déjà considérable. Oliver a donné son premier spectacle à cinq ans alors que sa première prestation dans un club de nuit remonte à ses neuf ans.


La carrière riche et diversifiée d’Oliver Jones s’est étendue sur six décennies. Son apprentissage de la musique classique a bientôt fait place à des apparitions régulières au Café Saint-Michel, à Montréal, où il a séduit ses patrons par ses acrobaties musicales. Pendant ses années, de son adolescence à l’âge adulte, il avait la réputation de pouvoir jouer n’importe quoi, du swing au rock’n roll - en ces temps-là, personne ne faisait carrière encore dans le jazz.


Sa formation très large s’est révélée inestimable quand, en 1964, il est devenu directeur musical et pianiste pour le chanteur jamaïcain Kenny Hamilton. Jones, avec son épouse et son jeune fils, ont alors déménagé à Puerto Rico et ils y sont restés 16 ans. Mais, bien que la musique populaire comblât ses besoins de tous les jours, elle ne satisfaisait pourtant pas ses ambitions artistiques. Même s’il accompagnait Hamilton en tournée, Jones ne laissait jamais passer l’occasion de jouer dans des clubs locaux de jazz ou de jouer avec d’autres musiciens qui partageaient son esprit.


En 1980, Oliver Jones est revenu à Montréal, déterminé à percer dans la musique jazz. Il a commencé à jouer régulièrement chez Biddle’s, le club de jazz du centre-ville (aujourd’hui fermé) que tenait le regretté bassiste Charlie Biddle. Trois ans plus tard, après une rencontre fortuite avec le fondateur de Justin Time Records, Jim West, le rêve d’Oliver Jones est devenu réalité. « Il y avait pas mal de tapage autour de moi et Charlie. Tout ce qui touchait au jazz, on pouvait le faire. J’ai donc enregistré mon premier disque. Mais vraiment, j’étais en état de choc, parce quand tu rêves à quelque chose pendant 30 ans…» Le premier enregistrement de Justin Time Record allait donc être un disque d’Oliver Jones accompagné de Charlie Biddle et c’était aussi le premier disque d’Oliver Jones en tant que leader.


L’association d’Oliver Jones et de Justin Time Record a produit un nombre impressionnant d’enregistrements qui figurent parmi les meilleurs de l’histoire du jazz. Sur le disque Have Fingers, Will Travel (1997) où figurent le légendaire bassiste Ray Brown et le batteur Jeff Hamilton, on retrouve des chansons comme as "Street Of Dreams", "If I Were A Bell" and "My Romance" issues de la rencontre de ce trio hors pair. Ces enregistrements exceptionnels ont été réalisés au studio Capitol de Los Angeles.


L’album From Lush to Lively (1995) témoigne de la virtuosité de Jones et de son statut de maître parmi les jazzmen du Canada alors qu’il est entouré d’un big band. L’enregistrement met en valeur sa technique ultrarapide, sa solide articulation, son lyrisme puissant et ses rythmes joyeux.


Sur Then And Now, on retrouve des sessions d’enregistrements «live» qui couvrent la période de 1986 à 2002 avec le bassiste Skip Bey, Dave Young et Norm Villeneuve au Montreal Bistro. Quant à l’excellent disque Yuletide Swing (1994) qui a valu un Félix à Oliver pour le meilleur enregistrement jazz, c’est au tour des classiques de noël d’être revivifiés par le flair habituel de Jones.


Le deuxième enregistrement solo de Jones, Just 88, qui s’est lui aussi mérité un Félix, a été enregistré à la Nouvelle-Orléans en 1993. On y découvre des standards de petits bijoux comme "I'm Getting Sentimental Over You" and "Willow Weep For Me" ainsi que des compositions de Jones dont "Blues For Laurentian U" et "Dizzy-Nest".


Sur A Class Act (1991) figurent les compagnons de longue date d’Oscar Peterson Ed Thigpen à la batterie et Steve Wallace à la basse. Des versions de "Very Early" and "Hymn To Freedom" sont rendues mémorables par le trio. Le légendaire trompettiste Clark Terry a ajouté sa touche magique sur Just Friends, une session datant de 1990 qui a plus tard reçue un prix Juno dans la catégorie « Enregistrement jazz de l’année ».


La reconnaissance du talent d’Oliver Jones n’a toutefois pas été limitée à la communauté artistique. En effet, il est aussi récipiendaire du prix Martin Luther King Jr. qui souligne sa contribution à la communauté noir du Canada et à sa ville natale, Montréal. Il a également été fait membre de l’Ordre du Québec, la plus haute distinction de la province en 1993. Un an plus tard, c’était au tour du Canada de faire de même pour son remarquable accomplissement dans le domaine des arts. Cette même année, à l’invitation du gouvernement du Canada, Jones a donné une série de concerts en Chine avec le bassiste Dave Young et le batteur Barry Elmes.


Invité régulier au Festival International de Jazz de Montréal, Oliver a souvent été sollicité pour donner le concert d’ouverture. À plus d’une occasion, on l’invitait aussi à faire partie du gala de fermeture. « Je crois que la visibilité dont j’ai joui au Festival International de Jazz a été la clef de ma visibilité internationale » avoue l’artiste qui a fait sa plus récente apparition au festival en compagnie d’Oscar Peterson, alors qu’il se produisait en duo pour la première fois devant une telle audience à la Place des Arts. Inutile de préciser que le concert était à guichets fermés.


Bien qu’aujourd’hui retiré de la scène, Jones fait toujours son tour dans les studios. Il a récemment complété, en collaboration avec la chanteuse Ranee Lee, Just You, Just Me, un enregistrement en quartet avec Dave Laing and le bassiste Éric Lagacé. Cet enregistrement sera sur le marché en juin 2005.






discographie
Second Time Around
(date de parution: 06 mai 2008)
When I fall in love


pour en savoir plus
 

One More Time
(date de parution: 27 juin 2006)
One more time


pour en savoir plus
 

Just You, Just Me
(date de parution: 14 juin 2005)
Just You, Just Me

pour en savoir plus
 

Then And Now
(date de parution: 18 juin 2002)
pour en savoir plus

Just In Time
(date de parution: 2 octobre 1998)
pour en savoir plus

Have Fingers, Will Travel
(date de parution: 04 septembre 1997)
pour en savoir plus

From Lush to Lively
(date de parution: 11 septembre 1995)
pour en savoir plus
 

Just 88
(date de parution: 11 juin 1993)
pour en savoir plus
 

 
multimédia

photos
en tournée
juin 2008
23 - TORONTO
24 - OTTAWA
26 - MONTRÉAL
juillet 2008
19 - ORFORD
26 - ST-IRENÉE
août 2008
02 - ST-SAUVEUR
communiqués